Uberisation de la photographie
Ce matin je suis passé devant un coiffeur. Il avait mis un écran dans sa vitrine. Ce qui m'a choqué c'est moins le gaspillage énergétique de ce type de support que son contenu : des publications Instagram.
Habituellement sur les vitrines des coiffeurs, on trouve de très belles photos de studio professionnels qui mettent en valeur des coupes de cheveux. C'est souvent beau.
Ici, le coiffeur affiche les publications Instagram de ses clientes et clients. Malgré tout le talent desdits clients pour la photographie et la qualité de leur smartphone, le fait est que les photos ne sont pas esthétiques. Elles ne sont pas prises dans les conditions d'un studio permettant de modeler la lumière pour produire un résultat beau.
Les réseaux sociaux sortent du virtuel de nos smartphones pour agresser notre environnement physique. Il semblerait qu'Instagram, Facebook ou même Google Maps nous aient habitué à voir des photos amateurs pour partager, évaluer le monde au point que même les commerçants préfèrent afficher des photos moches dans leurs vitrines.
@david_snug@mastodon.social a récemment publié un dessin sur la valeur travail où il propose d'appeler esclavagisme le travail consistant à satisfaire le grand capital. Je propose d'appeler exploitation l'utilisation des productions d'autrui.
La photographie est un travail, mais internet en a supprimé toute sa valeur.